L'école en réseau, une démarche de recherche en collaboration pour enseigner et apprendre avec le numérique

 

 

 

 

Le projet de l’École en réseau, présent dans 25 commissions scolaires du Québec, a été mis en œuvre dès 2001 par le ministère de l’Éducation du Québec et le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations, à l’aide des technologies de l’information et de la communication (CEFRIO) afin de répondre aux besoins des petites écoles rurales en proposant l’utilisation des technologies pour améliorer les interactions et préserver, voire améliorer, ainsi la qualité de l’environnement éducatif de ces écoles. Ainsi, des classes du préscolaire et du primaire de tous les coins du Québec travaillent en collaboration pour réaliser des activités d’apprentissage. Les classes de l’École en réseau utilisent principalement deux outils de télécollaboration qui permettent aux classes de communiquer entre elles tout au long de l’année scolaire, et ce, de façon sécuritaire et conviviale.

Les activités d’apprentissage vécues par les élèves sont ancrées dans le Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) et visent le développement des compétences et l’acquisition des savoirs essentiels des domaines de formation. Ce qui démarque le modèle de l’École en réseau des autres modèles d’utilisation des technologies de l’information et de la communication, c’est la pédagogie de coélaboration de connaissances. La coélaboration de connaissances vise, entre autres, à faire travailler les élèves autour de problèmes authentiques et d’idées réelles dans une perspective de démocratisation du savoir. Ainsi, des classes travaillent en collaboration avec d’autres classes sur des sujets importants comme les changements climatiques, les sociétés démocratiques ou encore des principes scientifiques. À partir de questions qui proviennent des élèves en lien avec le programme, plusieurs problèmes complexes ont ainsi été approfondis par les élèves depuis les quinze dernières années, en collaboration avec leur enseignant et d’autres classes. Si les enseignants se sont autant investis à transformer l’environnement d’apprentissage de leurs petites écoles, c’est qu’ils ont obtenu un soutien pour le faire et une reconnaissance de leur investissement sur leur temps de tâche, dans leurs milieux.

C’est également grâce à l’équipe de recherche-intervention du projet qui fournissait de l’aide technique et pédagogique et qui retournait périodiquement les résultats obtenus aux acteurs concernés pour alimenter la réflexion collective sur les activités réalisées. Surtout, chacun des sites a choisi des moyens pour permettre aux enseignants de planifier et de réaliser en collaboration des activités d’apprentissage signifiantes en réseau pour leurs élèves. Cela a permis de briser l’isolement professionnel des enseignants qui sont peu nombreux dans ces petites écoles et qui ont peu d’occasions d’échanger avec des collègues qui enseignent aussi dans des classes multiâges pouvant aller jusqu’à quatre niveaux à la fois. De nombreux résultats de recherche ont été aussi tirés de l’ÉER, que ce soit sur le plan des apprentissages des élèves, du développement professionnel des enseignants, comme sur celui des innovations éducatives à grandes échelles. Les élèves des petites écoles rurales qui font partie de l’ÉER ont des environnements éducatifs solides, diversifiés et interactifs qui font l’envie de plusieurs pays dans le monde aux prises avec des problématiques semblables. 

 

Christine Hamel et Sandrine Turcotte