Apprendre à écrire par l'amélioration collective d'idées : l'émergence d'un questionnement combinant les postures d'intervention et de recherche

 

 

 

 

Année scolaire 2008-2009. Une quinzaine de commissions scolaires font partie d’École éloignée en réseau (ÉÉR). Le nombre d’enseignants expérimentés dans la mise en œuvre du modèle de coélaboration de connaissances s’est multiplié depuis le début des années 2000. De nouveaux enseignants ont aussi joint l’initiative. Alors qu’un bassin de situations d’apprentissage visant l’appropriation de concepts dans des disciplines aussi variées que les sciences, l’univers social, les arts ainsi que l’éthique et la culture religieuse s’accumule, un questionnement prend de l’envergure, autant chez les enseignants du primaire que chez les [étudiants]-chercheurs. Des discussions ont cours entre eux à ce propos, dans le système de visioconférence utilisé pour le soutien juste-à-temps ainsi que lors de visites d’accompagnement dans les écoles ou lors de la session de transfert de connaissances annuelle. Ce questionnement commun se résume ainsi : jusqu’à présent dans ÉÉR, le Forum de coélaboration de connaissances (FCC) (Knowledge Forum) a surtout été utilisé pour l’appropriation de connaissances concernant d’autres disciplines que le français. Pourrions-nous en faire un usage pour un apprentissage explicite et intentionnel de l’écriture et à quoi cet usage donnerait-il lieu ? 

C’est dans cette foulée qu’un projet de recherche-action a été mené dans le cadre de l’action concertée en écriture du FRQSC. Au plan de l’intervention, nous voulions savoir s’il était possible de concevoir et de mettre en oeuvre, en collaboration avec des enseignants, des situations d’écriture s’inspirant d’une approche orientée sur l’amélioration collective d’idées, en mettant à contribution le FCC. Au plan de la recherche, nous voulions savoir si ce type de situation d’écriture pouvait s’avérer propice à l’appropriation d’éléments d’écriture ainsi qu’au développement de stratégies d’écriture et de comportements discursifs s’approchant de ceux de scripteurs avancés. 

Des enseignants et conseillers pédagogiques de cinq commissions scolaires différentes ont participé au projet. Les outils d’intervention ont été coconçus par les praticiens et les chercheurs; ces derniers amenant, notamment, une connaissance fine des stratégies d’écriture et des principes de coélaboration de connaissances. Autant que possible, les outils de collecte de données ont été élaborés afin qu’ils aient un sens dans le contexte de la pratique enseignante. Par exemple, pour documenter les stratégies d’écriture, la typologie du Programme de formation de l’école québécoise, allant de la planification jusqu’à l’évaluation de sa démarche d’écriture, a été utilisée. Tout au long des trois années du projet, des rencontres entre enseignants et chercheurs ont eu lieu de façon périodique pour partager et discuter de résultats de recherche. Le point de vue de chaque praticien y a été important, particulièrement dans l’apport d’éléments contextuels à leur classe permettant de mieux interpréter certains résultats.

Les situations d’écriture les plus fécondes ont permis aux élèves de prendre part à une écriture itérative, c’est-à-dire qui les a amenés à dépasser la rédaction d’une version unique de texte ou l’apport de modifications superficielles. Ceux-ci ont en effet exploré l’aspect constructif en jeu dans l’écriture et qui préside à l’atteinte d’un texte peaufiné. En outre, les élèves ont réinvesti ce qui a été travaillé dans/sur le FCC (contenus, marqueurs de relation, lexique) à l’extérieur de l’outil, notamment dans le cadre de la rédaction individuelle de textes en format papier.

 

Stéphane Allaire, Pascale Thériault, Godelieve Debeurme

 

Pour plus d’informations, on peut consulter la page http://affordance.uqac.ca/index.php/ecrire-ensemble-au-primaire/